L'art de se faire des ennemis - page 128

Sera donc introduit
a contrario
le concept de «
synchroni-
sation
» comme étape préalable à tout échange
constructif, qu’il s’agisse d’une relation affective ou d’une
négociation professionnelle.
La synchronisation ne commence à avoir lieu que lors-
qu’une série de feux verts apparaissent :
1)
Il n'y a plus que très peu de contradictions au niveau
des discours : on approuve tacitement tout ce qui est dit.
2)
L' «
état
» dans lequel on est trouve des résonances :
l’enthousiasme ou la décontraction sont partagés.
3)
Les postures et les gestes font apparaître de la symé-
trie : je m'approche de lui, il s'approche de moi. Il se sert
un verre d'eau, je me sers un verre d’eau.
Le meilleur moyen de parvenir à la synchronisation est
de savoir prendre le temps de perdre du temps.
Alors s’enclenche souvent, automatiquement, le méca-
nisme d’ «
assimilation
» qui vient prendre la relève
de celui de la comédie des contraires dès que celle-ci
disparaît ou devient simplement impossible.
L’assimilation est le mécanisme par lequel deux interlocu-
teurs se mettent en phase et accordent inconsciemment
leur longueur d’onde. Elle emprunte parfois le chemin
des mots, souvent celui des gestes et sans doute aussi
celui des phéromones.
Dans l’«
assimilation active
», on pose comme modèle
tout ce que l’on est : son parcours, ses valeurs, ses projets,
son profil génétique. Ensuite on fait campagne pour y
assimiler, y convertir tous ceux qui nous entourent. Cette
forme d’assimilation peut également régir les relations de
nation à nation. Elle génère alors des guerres ou
plus exactement des «
croisades
». La Seconde Guerre
mondiale est ainsi née de l’idéologie nazie comme les
guerres napoléoniennes sont issues des principes fonda-
teurs de la Révolution. Toujours l’identité s’exporte.
L’art de se faire des ennemis
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